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12. Simche Finkelstein

 

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Simche Finkelstein

 

Dès son plus jeune âge, Simche quitte ses proches, son village et part à Kovno[17] pour étudier à la yeshiva locale.

Dès le début de la première guerre mondiale, la Lituanie est occupée par les Allemands. Simche retourne à Kałuszyn et poursuit ses études à l'oratoire des Strikover[18] où il est connu pour ses connaissances de la Torah. Mais malgré l'étude de la Torah, Simche s'intéresse aussi à d'autres questions.

Simche revient totalement changé de son séjour en Lituanie.

Simche concentre autour de lui un groupe de jeunes gens et leur présente de nouvelles idées, le sionisme et le socialisme. Des nouvelles doctrines, qui font leur chemin jusque dans l'oratoire des hassidim, Simche est considéré comme perdu et comme un apostat.

De nouveaux vents soufflent sur toute la Pologne. A Kałuszyn aussi, les choses bougent. « L'union Culturelle est fondée ». Il s'agit d'une institution apolitique, où diverses tendances politiques se réunissent. Simche réunit autour de lui le premier groupe du « Poalei Sion »[19], qui deviendra plus tard le parti du  Poalei Sion , de Kałuszyn. L'union culturelle sera dominée par le « Bund »[20]. Pendant un certain temps, le parti du Poalei Sion n'aura pas de siège jusqu'à ce qu'il occupe la maison du notable Mendl Sharfharts. On fonde le « foyer ouvrier » et Simche Finkelstein, secrétaire du  Poalei Sion  a l'opportunité de déployer son sens de l'initiative dans différents domaines : Une salle de lecture, un cercle dramatique, conférences et diverses actions d'entraides. Simche est partout l'organisateur et le promoteur. Il est élu délégué du  Poalei Sion,  au premier congrès du parti, à Varsovie, en décembre 1918.

Mais, la période d'expansion et de croissance de l'activité ne dure pas longtemps. La réaction polonaise durcit la répression. Le foyer ouvrier est fermé. Simche le paiera presque de sa vie. Un gendarme polonais, un certain Wiœniewski d'Olszewica le menaçant un jour de son révolver, Simche ouvrira sa chemise et criera à son adresse –« Tire ! ».

Mais le gendarme ne tirera pas. Ensuite, Simche est retourné à Kovno. Il a construit sa vie familiale et poursuivi ses activités communautaires. La fin du judaïsme lituanien aura pour conséquence la mort de Simche Finkelstein, un de nos êtres les plus chers, des plus actifs et les plus appréciés de Kałuszyn.

Yosef Nayman


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13. Aharon Kotski

 

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Aharon Kotski

 

Aharon est orphelin de père dès son jeune âge. Ses conditions de vie sont difficiles et il est élevé, ainsi que ses deux petits frères par sa mère, restée veuve. Tout jeune encore, il apprend le métier de tailleur et subvient aux besoins de toute la maisonnée.

Ces conditions ne permettent pas à Aharon de fréquenter l'école. Mais sa grande soif de culture le pousse à lire et à fréquenter les cercles culturels. De toute sa jeune énergie, il se lance dans l'œuvre des jeunes du Poalei Sion où il se montre très réactif et il est très apprécié de ses jeunes camarades. Il se montre professionnel dans son travail et est aussi actif à mettre sur pied, la section jeune du Poalei Sion,  le « yungbar ».

En raison de ses difficultés économiques, il est forcé de s'établir à Varsovie. Mais, là- bas aussi, il goûte à la faim et au chômage. Cela ne l'empêche pas d'être actif au sein du Poalei Sion de Varsovie, de s'adonner au travail professionnel, d'entreprendre des actions pour la terre d'Israël et de participer à un cours d'instructeur central du mouvement « yugent » pour les militants de Pologne. De par son intense activité, il trouve sa place au sein de la jeunesse du  Poalei Sion.

Au moment de l'invasion allemande, il s'enfuit de Varsovie. Il subit tout autant les épreuves que l'armée de réfugiés et tente de s'échapper des zones allemandes, mais il n'y réussit pas. Il partage le sort de millions de martyrs. Aharon n'aura pas réussi à réaliser l'idéal de sa vie : monter en terre d'Israël.

Sholem Soroka


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14. Leybl Rosenfeld

 

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Leybl Rosenfeld

 

Leybl Rosenfeld ne venait pas de l'école ni de l'université. Par ses propres moyens, il avait atteint toutes les sources du savoir. Il avait toujours soif de connaissance, sans jamais en être blasé, et ne cessait de se cultiver. Il partageait les fruits de ses efforts avec tous. Il plantait les germes de la culture et nous éveillait aux idées et aux actions.

Nous lui sommes tous redevables de la renaissance culturelle de notre village. Le plus important : il était dévoué à la jeunesse. Malgré son âge et ses cheveux blancs, nous, la jeunesse de la ville l'appelions camarade. C'est ce qu'il désirait et nous lui montrions notre respect de cette façon. Son attitude retenue trouvait un écho dans nos cœurs. C'était un ami, mais aussi un enseignant. Son être tout entier était imprégné de l'idéal pionnier, avec la nouvelle vie en terre d'Israël, avec le kibboutz. L'expression de nouvelles bases justes. Il était à la tête de la ligue pour un Eretz Israël ouvrier, collaborait sous le patronage du mouvement de l'Hachomer et jusqu'au dernier moment de sa vie, nous a aidés par la pensée et dans les faits.

Fidèle à la conception du travail et de la création, il orientait sa vie de la même façon, ne pouvait s'adapter à l'environnement commerçant et, par conséquent, ne réussissait pas toujours à avoir des revenus. Son idéal : travail et culture. Sa porte était toujours ouverte pour venir à notre rencontre et nous aider à résoudre tous les problèmes difficiles qui se présentaient à nous.

Pendant cette terrible période, ces mêmes jours difficiles de destruction, quand tous s'efforçaient de cacher leurs biens, Leybl Rosenfeld s'efforçait de trouver un endroit où cacher ses livres. Il avait creusé un trou dans la cour et y cachait des caisses de livres. Quand Shmuel Lev, moi-même et sa fille Mania lui demandaient conseil, ce qu'il fallait faire dans une telle situation, il répondait ainsi :-«  Partez au plus vite du côté soviétique, agissez en coordination avec la jeunesse afin qu'elle puisse se sauver, il est possible que je vous suive, partez et réussissez. »

Leybl Rosenfeld nous a rejoint à Białystok où son gendre Shmuel Lev était un membre actif, mais peu de temps après, il m'a confié qu'il était sujet à de violents tiraillements, que toute sa famille, qui était restée au shtetl, lui manquait beaucoup, et qu'il voulait retourner dans son village détruit. Il n'a pu supporter l'expérience, et Joseph Tsukerman et moi-même l'avons ramené de nuit à Kałuszyn, en traversant le Bug, là où il courait un grand danger. Leybl Rosenfeld aimait sa ville et a subi, avec elle, toutes les souffrances d'une mort tragique des mains des nazis. Que son nom soit pour toujours honoré.

Dovid Felner (Ben Avraham).


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15. Henekh Rus

 

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Henekh Rus

 

Henekh Rus naît en 1909 à Kałuszyn, d'une famille respectable, mais très pauvre. Pendant la première guerre mondiale, son père meurt, et au début des années 20, sa mère déménage à Varsovie avec ses 4 enfants. Aussitôt arrivé à Varsovie, à l'âge de 12-13 ans, il part travailler et devient apprenti chez un tailleur. Un autre ouvrier l'introduit à la section de la jeunesse du Bund le «Tsukunft »,  et aux cours du soir des jeunes ouvriers que le «Tsukunft » organisait avec l'aide du conseil central des unions professionnelles. Les cours du soir étaient beaucoup plus qu'un simple lieu où l'on apprenait à lire, à écrire, à calculer etc. C'était un foyer chaleureux pour les jeunes. Les enseignants et les étudiants étaient liés par une passion sociale. Là- bas, les étudiants étaient initiés aux belles lettres et à l'art. Ils s'élevaient culturellement. Il a ensuite introduit un cours d'études dramatiques et une chorale au «Tsukunft ».

Pendant un certain temps, Henekh a fait parti du cours dramatique mais petit à petit, il s'est investi dans ses activités politiques et professionnelles.

A la fin des années 20, Henekh a été élu au comité de Varsovie de la jeunesse bundiste «Tsukunft » et il est devenu un des membres les plus importants de l'organisation. Il s'est distingué dans les activités culturelles, particulièrement en fondant et développant les camps d'été du «Tsukunft ». Il fut vice-commandant du premier camp (1930) et à partir de ce moment-là, il occupa une des places les plus importantes jusqu'en 1939. Au milieu des années 30, il fut élu représentant du comité central de la jeunesse bundiste, le «Tsukunft ».

Au moment de l'invasion de la Pologne par les nazis, la femme d'Henekh, Edzie Epelboym (une camarade de l'organisation de jeunesse) était enceinte. Son enfant est né au cours d'un bombardement massif. Une bombe a explosé dans la maison où Edzie accouchait et, c'est par miracle que tous les deux, la femme en couches et son fils, ont pu être sauvés. A l'été 41, l'enfant est mort à cause de l'épidémie de typhus.

Dès le début de l'occupation nazie, Henekh s'était engagé dans la lutte anti-nazie. Il fit partie des dirigeants les plus actifs de l'organisation souterraine de la jeunesse bundiste du ghetto de Varsovie. Il collabora à un réseau souterrain du «Tsukunft » le « Yugent Shtime » (la voix de la jeunesse). Il s'est beaucoup occupé de l'organisation d'aide à la jeunesse.

Grâce à son initiative, la jeunesse put trouver des emplois coopératifs (tailleur, coiffeur) qui avaient cours dans les premiers temps du ghetto et qui soulageaient un peu la misère de nombreux jeunes ouvriers.

Henekh et Edzie se sont retrouvés en 1943 et 1944 dans le camp de Skarżysko-Kamienna[21]. Le mouvement souterrain bundiste avait noué contact avec lui. Là- bas, il a rassemblé les bundistes qui se trouvaient dans le camp et grâce à lui, le réseau souterrain a pu faire rentrer de l'aide.

L'activiste bundiste, Herman Goldberg, qui se trouvait dans le même camp raconte :

«  L'armée russe lança une grande offensive qui se rapprochait de nous. Les nazis ayant décidé de liquider le camp, deux SS, Shultz et Schuman ont procédé à une sélection. 400 juifs ont été abattus et les autres ont été renvoyés au travail. Henekh en fut très impressionné. A minuit, quand tous dormaient, le camarade Henekh s'est enfui avec sa compagne Edzie et Blimele, dans les profondeurs des bois de Skarżysko. Nous avons entendu le bruit de fusillades longtemps après leur fuite. Ils sont tombés ».
Henekh Rus était l'exemple typique d'une catégorie de personnes attachantes de la jeune génération de bundistes de Varsovie. Malgré une éducation formelle limitée, il s'était beaucoup cultivé en lisant et apprenant par lui-même et s'était forgé une bonne compréhension des sérieux problèmes culturels, de la belle littérature, du théâtre, de l'art et ses équivalents. Il avait un goût esthétique hors du commun. Mais ce qui ressortait le plus chez Henekh, c'était son dynamisme, sa vivacité d'esprit, son énergie, le sens de l'initiative, et sa capacité à comprendre jusqu'où pouvaient mener les phénomènes sociaux. D'une minceur prononcée, il était toujours en mouvement. Il comprenait un sujet en un instant et au deuxième instant, il avait déjà une idée originale pour s'attaquer de façon pratique au sujet. Sagesse et humour, beauté et amour faisait partie de son être.

M. Klingsberg


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16. Yocheved Rayzman

Je vais, avec mes quelques paroles, immortaliser la camarade Yocheved Rayzman, une des nombreuses militantes du parti à Kałuszyn, morte à cause de la politique d'extermination des nazis mais qui, grâce à son travail dévoué, a beaucoup contribué au combat du parti communiste à Kałuszyn.

Née en 1907 à Kałuszyn, élevée et éduquée par des parents hassidiques, son père, Ben Tsion Rayzman, le hassid de Guer, était un juif observant. L'écriture de livres saints lui réussissait bien,  mais il ne gagnait pas toujours bien sa vie dans le négoce de la fourrure et n 'arrivait pas à nourrir ses cinq enfants. Yocheved dut se mettre à travailler à l'âge de 16 ans dans la confection et subvenir aux problèmes financiers de ses parents.

Elle devient membre du syndicat professionnel des ouvriers de la couture et, au retour d'un rassemblement du syndicat, elle prend connaissance des problèmes des ouvriers et en deviendra plus tard une des militantes les plus actives.

Au syndicat des couturiers, comme dans d'autres syndicats professionnels, le Bund et les communistes livraient bataille en avoir pour l'hégémonie. Yocheved Rayzman choisit le camp des communistes et devint rapidement un membre discipliné de la fraction de la gauche (communiste) du syndicat. Elle ne s'occupait déjà pas seulement de questions économiques mais aussi de questions politiques.

Le cadre du syndicat des couturiers était trop étroit pour elle. Elle chercha un moyen d'élargir ses activités. Elle se lia au « MOPR »[22] (organisation d'aide aux prisonniers politiques du parti communiste) et en devint une des militantes les plus actives à Kałuszyn. Elle deviendra un plus tard un membre dévoué du parti communiste où elle travaillera activement avec fidélité, ne tenant pas compte des tracasseries et de la crainte de la prison, et pour elle, tout ce que le parti accomplissait et réalisait était de l'ordre de l'exploit et lui procurait une joie personnelle.

Un épisode de cette époque pourra éclairer son personnage. Cela s'est passé pendant les élections au conseil municipal de Kałuszyn. La campagne électorale avait atteint son plus haut point. Les partis avaient ramené des orateurs du centre, l'artillerie lourde. Le Bund avait ramené Yacov Pot, le célèbre activiste et orateur. Dans la vieille maison d'études, ils écoutaient tous son discours bien construit et ses belles paroles pleines de proverbes et d'histoires populaires. Et moi, simple jeune homme, je devais, comme cela avait été conclu, m'opposer à Yacov Pot…À quoi cela aurait-il servi de m'y opposer ? Ma profonde croyance dans les idées de justice m'a donné du courage et de la force et, après avoir pris la parole, j'ai été surpris par les applaudissements que j'ai reçus. Yacob Pot, lui-même, a confirmé la réussite de mon intervention qu'il n'a pas traitée avec mépris mais opposée avec sérieux à mes arguments. Quand la camarade Rayzman m'a rencontré plus tard, elle fut particulièrement enthousiaste parce que mon opposition à Pot avait consacré la victoire du parti. Elle était comme ça, Yocheved Rayzman. Chaque petite ou grande victoire du parti faisait sa joie.

La guerre et l'invasion des bandes meurtrières allemandes, en 1939, en Pologne, ont scellé le destin de la camarade Rayzman à Kałuszyn. Elle a été sérieusement blessée par des éclats d'obus allemands et tous les efforts menés pour la maintenir en vie n'ont rien donné. Elle est morte quelques jours après, dans de grandes souffrances dans un hôpital de Miñsk Mazowiecki.

Honorez sa mémoire.

Pessah Finkelstein


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17. Leyzer Bornsteyn

 

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Leyzer Bornsteyn

 

Leyzer Bornsteyn, où comme on l'appelait « Leyzer Koks » est né à Kuflew, un village près de Mrozy, à 10 km de Kałuszyn. Son père était cordonnier et faisait aussi le commerce du charbon à coke .Il a continué la profession de son père, la cordonnerie. C'était un bon artisan, très apprécié des paysans de Kuflew. Mais Leyzer aspirait à une vie juive dans une localité juive, et en 1915, il s'est installé à Kałuszyn.

Son aspiration à venir en aide à une communauté juive y trouva sa mesure. Leyzer Bornsteyn s'est dévoué aux affaires de la communauté, toujours occupé à faire le bien et aider les gens en détresse. Même si ses enfants l'accaparaient beaucoup et qu'il vivait dans une grande pauvreté, il trouvait du temps pour tout le monde. En hiver, il fallait approvisionner les pauvres avec du charbon et du bois. Et il y avait de quoi faire toute l'année. Il fallait obtenir un prêt pour untel et quelques produits pour untel. Les nécessiteux ne manquaient pas.

Leyzer Bornsteyn était un dirigeant communautaire, mais également membre du conseil municipal, membre administrateur de la caisse « gemiles hassidim »[23], trésorier de l'association « nose mite »[24], trésorier de l'association « Tomkhe Eynaim »[25] membre actif de la société d'entraide  « Bikur Holim »[26] . Que n'était il pas ?

Il se consacrait à toutes ces activités corps et âme et il n'avait pas de temps, ni pour lui, ni pour sa famille.

Sa femme Feyge Peshe ne cessait de l'implorer en argumentant ainsi :

-« Leyzer mon trésor, pense aussi un peu à ton foyer. Il faut vêtir les enfants, tu vas perdre, à Dieu ne plaise, tous tes revenus. Tous les paysans vont s'en aller ». Mais aucun de ses arguments n'avait d'effet sur lui.
Un jour de marché, un paysan de Kuflew est venu voir Leyzer afin qu'il lui répare ses chaussures, mais dès que Leyzer a commencé à taper les premiers clous dans les semelles, voici que Shmuel Moshé Jedwab (koze) a appelé Leyzer à propos d'une affaire communautaire. Leyzer était déjà prêt à partir en courant. Mais Feyge Peshe s'était mise à l'implorer –«  Ne laisse pas le paysan en plan, tu dois terminer ton travail ». Mais Leyzer, comme d'habitude ;
-« Comment peut-on laisser une ville à l'abandon à cause de la volonté d'un non- juif, comment peux-t-on rester les bras croisés ? Qui s'occupera des pauvres juifs ? »
Epuisé par le travail et les pérégrinations, Leyzer est tombé subitement malade du typhus. Cela s'est passé en hiver. Il est resté à la maison dans le plus grand des secrets, afin que nul ne le sache et pour qu'on ne l'emmène pas à l'hôpital. Comment pouvait-il partir de la ville ? Dès qu'il eut un peu récupéré, il a redressé son col, s'est bien emmitouflé dans le châle de sa femme et est descendu dans la rue pour observer le village, rencontrer des amis dans la rue et dans les maisons d'étude, revenir lentement à la maison poussant un soupir devant sa femme ;- «  Feyge Peshe mon trésor, ma maladie m'a coûté très cher, ils ont fait un carnage de la ville, je ne l'ai pas reconnue, je vais m'y jeter de toutes mes forces afin qu'elle se remette sur pied… »

Dans la ville, cela sonnait comme une plaisanterie, mais de fait, cela reflétait l'affection de tous vis-à-vis de ce cher responsable communautaire.

Itzhak Otsap


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18. David Gelibter

 

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La famille Gelibter

 

Reb David Gelibter était très connu en ville en qualité de responsable associatif .Il consacrait beaucoup d'efforts et de temps aux affaires de la communauté.

En 1908, il a ouvert une caisse de prêt avec ses amis, reb Moshé Piasecki, reb Reuven Mitlberg et Nathan Otsap. Au début, la caisse était dans la maison de reb Moshé Piasecki. Il s'y trouvait un samovar en laiton et reb Dovid, qui gérait la caisse, soufflait sur les charbons et tous les clients se sentaient comme à la maison. Des années plus tard, ce service a connu un développement notable et reb David Gelibter s'est également occupé d'autres affaires pour le bien de la ville.

Au cours de la première guerre mondiale, reb David, avec Yehezkl Hendl, Nathan Otsap et Haïm Moshé Czenicki ont constitué un comité en charge de la population indigente. Sous le pouvoir allemand, et ultérieurement pendant les années de la Pologne indépendante, il est devenu conseiller et vice-président du conseil municipal. Il s'occupait d'affaires de financement du conseil municipal et avait, en plus une tâche spécifique : accompagner les recrues à l'armée quand elles se présentaient à la conscription.

En plus de toutes ses occupations, reb David était un juif pieux imprégné de Tora et de prières, comptant parmi les meilleurs hassidim de Radzyñ, un officiant et lecteur de la Torah, et dans son usine de Gilzan, lui et ses ouvriers travaillaient dur. Parce qu'il était un des juifs les plus exemplaires de notre ville

Yosef Zisholtz


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19. Zysman Zhitelni

 

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Zysman Zhitelni
 
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Dvora Zhitelni-Gorfinkl

 

Par une chaude journée d'été, quand de jeunes camarades faisaient un saut au magasin de boissons gazeuses pour prendre une boisson fraiche, reb Zysman avait coutume d'en tirer un par l'oreille, et de lui faire entendre quelques versets «  éducatifs ».

Zysman vécut ses premières années à Sokołów Podlaskie où il était né en 1875. Peu avant sa naissance, son père décéda. Son beau père, Avrohom Yitzhok Vapniak et sa mère Freyde (de la famille Shtern) se chargèrent de son éducation. A l'âge de 15 ans, le jeune étudiant de yeshiva partit avec sa mère et son beau père à Odessa. 

Là-bas, la famille Zhitelni était associée à la société par action des mines de sel d'Odessa et Avrohom Itzhak Vapniak y était comptable. C'était un hassid de Skerniczew et, en même temps, un homme aux idées avancées, plein d'initiatives et d'esprit d'entreprise.

Quand reb Zysman est parti d'Odessa, il a vécu encore un certain temps dans la yeshiva auprès du rabbin de Sokołów et ensuite, dans les années 90, est arrivé à Kałuszyn. Il logeait chez un proche, Alter Vaynakher et étudiait à la yeshiva où il était considéré comme un génie.

Pendant ces années, reb Shaulke Gorfinkl de Białe, connu sous le surnom de « Shaulke l'écrivain », avait ouvert des usines d'eau gazeuse dans les petits villages et aussi à Kałuszyn. Grâce à une de ses filles, Dvora Gorfinkl, la chance sourit à ce jeune étudiant de yeshiva qu'était Zysman. L'usine d'eau gazeuse du Białer[27] reb Shaulke fut donnée en dot à son gendre Zysman.

Parallèlement à l'usine d'eau gazeuse, reb Zysman s'occupait aussi d'autres affaires. Il avait une citerne d'essence et était commissionnaire en sel. A cette occasion, il lui arrivait de voyager un peu partout.

Un jour que reb Zysman revenait d'un voyage lointain et qu'il était monté le shabbat à la tribune pour lire une section de la Torah, on entendit des cris venant du hassid de Kozienice, reb Shlomo Bunim Miodovnik disant qu'il ne fallait pas autoriser reb Zysman à lire, parce que dans ses pérégrinations, il ne faisait pas attention aux préceptes du judaïsme, qu'il avait perdu toute judéité. Sa femme Kronele devait subir le même sort, ce qui témoignait de son caractère hérétique… Reb Shlomo Bunim Miodovnik ne savait pas alors, que son fils Benjamin deviendrait le gendre de Zysman, mais à ce moment précis, il avait interrompu la lecture du futur beau- père de son fils, reb Zysman, qu'il soupçonnait d'hérésie. Ce soir de shabbat, l'oratoire de Skernikcew fut partagé en deux. Reb Zysman resta avec les plus jeunes.

Depuis le début du siècle, reb Zysman était conseiller à la mairie de Kałuszyn et jusqu'à la première guerre mondiale, il était aussi assesseur, (« soud » en russe.) Après que les allemands ont chassé l'armée russe et que les polonais de la ville n'ont plus su comment se conduire avec le nouveau pouvoir, Stachek, le maire, a forcé Zysman à s'occuper des affaires de la ville. A cette époque, reb Zysman avait aussi crée la milice municipale qui gardait un œil sur la ville, à un moment où les pouvoirs avaient changé de mains et que régnait l'anarchie.

Pendant de longues années, reb Zysman fut l'ami de l'intelligentsia éclairée de la ville. Du fait de son affaire d'eau gazeuse, il avait l'occasion de discuter avec eux des affaires courantes. Sortant de son commerce, il était arrivé plus d'une fois que les ''partis'' opposés lui demandent d'arbitrer un jugement rabbinique. Reb Zysman savait allier la Torah, et la jugeote, et se déplaçait librement dans tous les cercles de la ville.

A partir des années 30, reb Zysman est allé prier dans la vieille maison d'études. Le rabbin Klingsberg lui a confié la « ville », ayant découvert dans les registres de la communauté qu'elle revenait en héritage à reb Zysman. Comme il l'a écrit à son gendre Benjamin Miodovnik, en Uruguay, lui, l'ancien hassid de Kozienice était heureux de prier avec les juifs simples de la ville et d'être leur ministre officiant. Reb Zysman a également envoyé à son beau-frère un document, une photo de lui, au verso de laquelle il a détaillé sa généalogie qui remontait très loin et très haut. Et qu'elle soit préservée dans ces temps difficiles qui nous arrivent…

 

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Lettre mentionnant la généalogie de Reb Zysman Zhitelni

 

Les temps difficiles sont arrivés, après le bombardement de Kałuszyn en 1939 où le polonais Ralincki l'a accueilli chez lui. En 1942, reb Zysman a écrit sa dernière lettre, décrivant la façon dont il réussissait à vivre avec sa femme et sa fille Esther chez Ralincki, au grenier, sur un peu de paille étalée au sol.

On n'a plus rien entendu de lui. Il connut le sort de tous les juifs de Kałuszyn.

A. Shem


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20. Haïm Torbiner

 

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Haïm Torbiner

 

Haïm Torbiner avait associé tous ses sentiments et ses grandes connaissances au pays de nos espoirs. Je me rappelle une réunion dans la maison de Gamzu, en 1929, où étaient présents Haïm Torbiner et ses amis, des sionistes lui avaient parlé en détail de la situation en Israël avec une telle ferveur, de tout ce qui se passait là-bas. Et combien Haïm était heureux d'apprendre toutes les réalisations du pays :
-«  Et une colonie de plus, et encore une autre implantation ».
Dans la petite bourgade, il était impliqué dans la vie de la communauté, toujours occupé aux affaires de l'organisation sioniste, oubliant jusqu' aux intérêts de sa propre famille. Sa vie prit fin brusquement sous les coups d'une main assassine. Et sa dernière pensée fut naturellement : son rêve d'Israël.

Paula Kaplan


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21. Avrohom Felner (Malekh)

 

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Avrohom Felner (Malekh)

 

Comme de nombreux juifs de la ville, Avrom Felner avait aussi un surnom « Avrohom Malekh ». Tous les dirigeants de la ville amenaient leurs enfants dans son salon de coiffure afin de leur donner un aspect respectable et leur faire une beauté. Mais on ne venait pas seulement pour une coupe, c'était aussi un lieu de rencontres où l'on entendait des nouvelles de Kałuszyn et du vaste monde, ainsi que la parole sioniste.

Avrohom Felner fut un des premiers sionistes de Kałuszyn, avant même la première guerre mondiale et ultérieurement, un des fondateurs de l'Organisation Sioniste Générale. Ses amis sionistes se sentaient chez eux, dans sa boutique de barbier- coiffeur. Netl Bronshpigl, Mordekhaï Koski et d'autres y menaient là-bas une propagande active en faveur du sionisme et Avrohom Malekh, malgré qu'il lui soit nécessaire de faire payer tous ses clients, entretenait ses amis sionistes.

En fondant l'école Tarbut au cours de la première guerre mondiale, Avrohom Malekh a payé pour un banc de l'école et a prêté main forte à leurs initiatives. C'est de cette école que se développeront les organisations de jeunes Halutsim (pionniers.)

Quand on a ouvert les fermes de l'Hashomer, dans les champs de Mikhelzon, les membres de l'Hachomer sont venus se faire couper les cheveux chez lui. Il ne les faisait pas payer et parfois, il envoyait son fils à la ferme pour qu'il leur fasse une coupe.

C'est ainsi que le salon de coiffure de reb Avrohom a aussi servi de « salle d'attente » pour les points de rassemblements halutsiques de la hakhsara autour de Kałuszyn.

Les Halutsim y venaient avec leurs affaires et attendaient les trains confortables.

Les orateurs et les chefs communautaires du Keren Kayemet LeIsraël et d'autres institutions sionistes de passage venaient lui rendre visite immédiatement en descendant des calèches.

L'endroit était connu comme la « bourse » socialiste et sioniste.

Pendant 60 ans, reb Avrohom a partagé les joies et les peines de la ville, il vivait modestement de son travail, imprégné de sionisme et aspirait à partir pour Israël. Cette situation perdura jusqu'en 1939.

Quand la ville fut lourdement bombardée, son salon fut le lieu de rassemblement des réfugiés. On s'allongeait à même le sol, on y mangeait et on s'y lavait, jusqu'à ce que son salon brûle aussi. C'est pendant les rudes journées d'hiver, sans toit, chassé de maison en maison, dans le froid, la faim et la misère qu'est mort reb Avrohom.

Que sa mémoire soit bénie

Dovid FELNER (Ben Avrohom)


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22. Reb Isroel Acher (Felner) Le Prédicateur

 

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Reb Isroel Acher (Felner) Le Prédicateur

 

Tous les shabbat, après la prière, il montait à la tribune de la nouvelle maison d'études, ce petit juif à l'esprit acéré, enveloppé d'un large talith turc aux parements dorés. Il récitait devant le public un extrait du Midrash et de la Parasha de la semaine. Il faisait un commentaire de la Torah, racontant des fables morales et donnant de bonnes explications. Il insufflait aux juifs exténués, après une dure semaine de labeur, un esprit de vie. Certains s'assoupissaient, envahis par la fatigue. La majorité écoutait, avec patience, chaque mot qui sortait de sa bouche, et en ressortait enthousiasmé. Reb Isroel Asher ne s'étendait sur rien. Mais il prenait quelques versets et en parlait de telle sorte que le public sentait un goût de paradis et avalait ses paroles. Dans son enseignement, reb Isroel Asher se comportait différemment des autres enseignants. Il ne donnait des cours qu'à quelques étudiants, à son domicile, mais il leur prodiguait son enseignement sans répit.

C'était aussi un bon officiant et, quand il montait à la tribune, le jour de Kippour, dans l'oratoire des Kozenitzer, à coté des boîtes de sable aux grandes bougies en cire, il faisait trembler le pupitre. Ses « chantres » étaient : son fils Avrohom, Itzhok Pasklinski, Pessah Kaptsan, Itshe Milgrom, reb Shmuel Eli Freylikh - à qui on prit la vie- Haïm Eliahu Kaplan, Eli Koski et d'autres ;

Après son départ pour Varsovie, il fut rapidement reconnu par les juifs de la capitale. Il avait acquis une réputation de prédicateur et d'officiant ; on put entendre ses prêches et psalmodies jusqu'aux derniers moments, jusqu'à ce qu'ils soient tous emportés, l'officiant, comme ses fidèles.

Yossef Zisholts


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23. Moshé Popovski

 

Je ressens un devoir sacré d'allumer une bougie pour l'âme de reb Moshé Popovski, un père de famille nombreuse. Il travaillait dur pour sa gagner sa vie, mais il consacrait toujours son temps à la communauté. Au conseil municipal, il était le représentant des artisans et de la fédération des petits commerçants. Il était membre du conseil communautaire dans la localité juive, un camarade dans l'administration de la banque coopérative, il s'occupait de la mitzva de « l'Hakhnoses Orkhim » et le dernier mais non le moindre, il se consacrait spécialement aux actions de la confrérie « Tsedek- Biker Kholim »[28].

Apres une dure journée de labeur, il était fatigué et abattu. Il se rendait chez un malade à minuit pour le voir ou bien il revenait de chez un malade. A l'aube, il courrait déjà inspecter ceux qui veillaient les malades, il fallait qu'il voie lui-même

s'ils surveillaient bien un malade et s'ils ne s'assoupissaient pas… Il fallait changer le lit du malade. Reb Moshé ne permettait à personne d'accomplir la mitzva et il faisait tout avec modestie et simplicité.

Je me rappelle le cas d'un jeune homme de 18 ans de la yeshiva de Kałuszyn tombé malade. Il s'agissait de Shmuel de Miñsk Mazowiecki, orphelin de père et de mère, une personne très appliquée. Reb Moshé a fait venir des docteurs. On a mis à ses pieds toute la confrérie de  la Lines Tsedek. Il était frappé d'un typhus très contagieux, mais reb Moshé ne voulait pas partir du lit du malade. Il avait mis de côté maison et travail afin de s'occuper de ce jeune homme comme de son fils unique. A minuit, on pouvait voir reb Moshé assis au pied du lit du malade, lui essuyer la sueur, réciter des psaumes et pleurer. Le chef de la yeshiva, reb Tzvi Dantsiger implorait Moshé :

-« Rentrez chez vous, vous tombez de sommeil, vous ne tenez pas sur vos jambes ! »  Mais Reb Moshé ne partait pas du lit, son visage empourpré de douleur :

-« Si jeune ! Si jeune !... »  C'est ainsi que reb Moshé a monté la garde jour et nuit jusqu'à ce vendredi soir. Alors reb Moshé a poussé un cri. Il n'y avait plus rien à faire. Reb Moshé restait pétrifié, versant des larmes et le chef de la yeshiva lui disait :

-«  Reb Moshé, il ne faut pas, c'est shabbat. »

Reb Moshé était comme ça - un juif doté de miséricorde et en plus un beau ministre officiant et un bon musicien dans la confrérie  des Lines Hatsedek où se réunissaient les meilleurs musiciens comme Yehiel Shmerls, Melekh Lifshits (le gendre de Meïr Kotlarski) Ezriel Aybeshitz. Moshé Popovski à leur tête, on célébrait les trois repas et on chantait jusque tard dans la nuit. Les jours terribles, Moshé était invité à prier devant le pupitre dans d'autres villages. Mais reb Moshé ne pouvait pas abandonner ces gens du peuple avec qui il priait toute l'année, même si on lui payait sa prestation d'officiant.

Comme on me l'a raconté, il a officié son dernier office de Nouvel An au moulin de David Rozhe. La ville avait, à l'époque, été détruite et brulée. Reb Naftali a fait partie également des personnes en prières. Dehors, on montait la '' garde '' afin de faire attention si on n'on allait pas….

Ce fut la dernière prière de reb Moshé, un jour de fête et tous furent saisis de frayeur.

Haïm Kałuszyner

NdT

  1. Les sionistes généraux (ציונים כלליים) est un courant politique sioniste apparu dès la fin du XIXe siècle, et positionné au centre droit. Il se veut sioniste, libéral et démocratique Return
  2. Keren Kayemet le Israël (Fond national d'Israël) : Crée en 1901 au Vème congrès à Bâle , dans le but de procéder au rachat de terres en Eretz Israël en faveur du peuple juif. Return
  3. Keren Hayesod :(קרן היסוד).Fonds national de construction en Terre d'Israël, et organisme central financier du mouvement sioniste mondial, ainsi que celui de l'Agence juive, fondé à Londres en 1920. Return
  4. Tarbut
    Le mouvement Tarbut, fondé en 1922 était constitué d'un réseau d'écoles de langue hébraïque dans des régions de l'ancienne zone de résidence, spécifiquement en Pologne, Roumanie, et Lituanie. Elle a fonctionné principalement entre les deux guerres mondiales, bien que certaines écoles affiliées au mouvement existent encore Return
  5. Psaume 137

    אִם אֶשְׁכָּחֵךְ יְרוּשָׁלִָם תִּשְׁכַּח יְמִינִי,
    תִּדְבַּק לְשׁוֹנִי לְחִכִּי אִם לֹא אֶזְכְּרֵכִי,

    Si je t'oublie jamais, Jérusalem, que ma droite m'oublie ! Que ma langue s'attache à mon palais, si je ne me souviens de toi, si je ne place Jérusalem au sommet de toutes mes joies. (137, 5-7). Return

  6. Les Judenräte (ou Judenrats, conseil juif en allemand), étaient des corps administratifs formés dans les ghettos juifs, sous l'ordre des autorités nazies Wikipédia Return
  7. Judenrein : Le néologisme «Judenrein » (on dit aussi «Judenfrei ») aurait été inventé en Autriche, en 1924, par un entraîneur qui se flattait d'avoir une équipe sans juif. Il signifie en effet : «sans juif». Dans les années 1930, ce terme sera repris à satiété par Hitler et les nazis pour désigner leur projet de chasser tous les Juifs du Reich. Au plus fort de la Seconde Guerre mondiale, les nazis renonceront à chasser les Juifs et choisiront de les exterminer en masse. Source Hérodote.net Return
  8. SKIF (en yiddish : Sotsialistishe Kinder Farband ou Union des Enfants Socialistes.) Return
  9. Dov-Ber Borochov (1881 - 1917), fut un penseur, un écrivain, un linguiste et un chercheur dans les domaines du yiddish et de l'histoire du peuple juif. Il fut membre actif du mouvement Poalei Sion, et voyait dans l'implantation en Terre d'Israël, la solution aux problàmes du prolétariat juif, tout en continuant la lutte pour les revendications du prolétariat mondial. Return
  10. I. M. (Isaac Meir) Weissenberg (1881-1938) Ecrivain de Varsovie, de langue Yiddish. Il fut reconnu unanimement après la publication de son chef d’œuvre « A Shtetl » (un village). Après 1915, Weissenberg devint un acteur majeur de l’édition Yiddish polonaise. Rédacteur et éditeur de périodiques et de livres faisant la promotion de jeunes talents. Return
  11. Le chant est resté Return
  12. Zey Gezunt : formule consacrée signifiant : Sois en bonne santé. Return
  13. Sanacja : Nom donné au mouvement supportant la junte militaire au pouvoir en Pologne avant la seconde guerre mondiale. Remerciements pour cette information à Gooter Goldberg, traducteur du livre en anglais. Return
  14. Originaires de Parysów, commune située à 50 km au sud est de Varsovie Return
  15. Tsukunft : La section jeune du parti socialiste juif autonomiste polonais, le Bund Return
  16. Groupe de refugiés de gauche de Kaluszyn ayant établi une commune à Bialystok, considérée comme un asile temporaire pour les personnes ayant réussi à traverser la partie de la Pologne occupée par l’Allemagne à la partie récemment prise par les Soviets suite au pacte Molotov-Ribbentrop. Return
  17. Ville de Lituanie centrale, Kaunas (Kovno en Polonais) Return
  18. Originaires de Stryków, ville de la province de Lodz Return
  19. Le Poalei Sion (les ouvriers de Sion) est un parti socialiste sioniste créé en 1906. Il donnera naissance en 1919 au parti Achdut Ha'avoda (« L'union du travail »).Il est un des partis les plus importants dans l'histoire du sionisme, dont il a longtemps constitué une des principales forces politiques. Il est l'un des deux partis fondateurs du parti travailliste Mapaï, en 1930, au côté du Hapoel Hatzaïr. Wikipédia Return
  20. En 1897 se crée l'Union générale des travailleurs juifs de Lituanie, de Pologne et de Russie, plus connu sous le non de Bund, qui se veut un parti ouvrier marxiste juif en Russie Return
  21. En 1940, les Allemands ont procédé à des exécutions de masse de Polonais (360 personnes exécutées en février et 760 en Juin). En 1942, les allemands ont ouvert un camp de travaux forcés pour les juifs où des dizaines de milliers de personnes sont mortes. A l'été 1944, le camp a été liquidé et les prisonniers tués ou transférés au camp de concentration de Buchenwald en Allemagne. Return
  22. MOPR: Acronyme du russe: Mezhdunarodnoye Obshtchestvo Pomoshtchi Revolutzioneram - " Organisation Internationale d'aide aux révolutionnaires. Return
  23. Gemiles Hassidim : Aide aux nécessiteux au moyen de prêts sans intérêt Return
  24. Nose mite : Porteurs de cercueil Return
  25. Tomkhe Eynaim : Distribution aux pauvres de rations de nourriture et de boissons Return
  26. Bikur Holim : institution créée avant même la première guerre mondiale, afin de porter assistance aux malades et aux nécessiteux. Return
  27. Originaire de Białe Return
  28. Confrérie « Le repos du juste » - « la visite aux malades » ; fournissait un toit aux nécessiteux. Return

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