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Le vieux Kałuszyn juif

par Yossef Zisholtz –Tel Aviv

Traduit par S. Staroswiecki

Je me rappelle notre ville, l'aspect qu'elle avait au début du 20ème siècle. Il n'existait pas encore de chaussée ou de trottoir. Après chaque pluie, les rues et ruelles étaient pleines de mares stagnantes et de boue gluante. Aucune lampe n'éclairait les rues et les ruelles, et la seule lumière qui filtrait dans la nuit provenait de la fente des volets et des lanternes des jeunes du Heder. Il n'y avait même pas de fontaines.

On allait chercher l'eau au ruisseau et au puits des gentils à l'intérieur de la bourgade. Près de la rivière, là où se trouvait des siècles auparavant la vieille synagogue qui avait brûlé, on racontait que cet endroit était un lieu de frayeur et de légendes, de démons et de fantômes, de mauvais esprits et de lutins. Là bas, on était terrifié et quand on y passait, on avait peur des esprits du ruisseau et des fous sur terre.…

Là bas, en descendant vers la rivière, entre le bain rituel et la vieille maison d'études se trouvait l'hospice, une petite pièce sombre où les fous de la bourgade avaient leur sanctuaire. On y trouvait Sender le baquet, surnommé “le baquet” parce qu'il était terrifié lorsqu'il lui arrivait de voir une bassine avec du linge. Ce même Sender débarquait au marché pour venir y chercher les papiers de bonbons au caramel et se réjouissait des beaux petits bonshommes multicolores sur les papiers de caramel.

On y trouvait le fou “Hebe” qui avait une peur mortelle d'une manche blanche sous un vêtement foncé. En sortant de l'asile, on avait coutume de cheminer vers le marché. Le grand Abraham Haïm était un autre fou. Il s'installait au milieu du marché et se mettait à prêcher sur la venue du Messie et une nuée de jeunes gens l'entourait et l'écoutait prêcher attentivement …

Tous les jeunes Juifs se rendaient le cœur battant de peur et de curiosité à l'hospice, le lieu de refuge des fous.

- La même atmosphère de peur et de mystère suintait le long du chemin qui menait à Siedlce et à Wengrov. Là bas, il y avait également deux cimetières, le vieux et l'ancien et les lettres dorées sur les tombes témoignaient de son ancienneté.

On jetait un œil sur le Rav Elhanan avec crainte et sainteté et on s'arrêtait auprès de la grande stèle du fils de rabbi Elhanan Zeligel, située près de la tombe de son père. On passait de la tombe de Zeligel à la tombe Rachel, la femme de Reb Zeligel. Une dynastie entière de l'autre monde…..

Dès qu'il y avait un jour de libre, nous partions sur la route de Siedlce vers le cimetière. Et à Tisha Beav particulièrement, nous nous rendions dans ce lieu effrayant comme des héros. Avec des petites épées en bois que l'on taillait à partir de bardeaux chez les Gontchajes, Reb Josué, Reb Motl et Reb Eliahou. On plantait les épées avec courage dans toutes les tombes des “Juifs de bonne renommée” et on quittait ensuite le cimetière avec un sentiment de plus grande sécurité.

Le cimetière avait du succès en particulier les années où le typhus sévissait. Alors, comme remède contre le fléau, on “mariait” un couple de deux fous. La ville entière se rendait au cimetière dans la joie d'accomplir cette mitzva, cette bonne action et les jeunes se disputaient, se bagarraient pour assister à la cérémonie devant. La bourgade était pleine de piété et de crainte de Dieu.

Le lieu le plus révéré de la bourgade était la vieille cour de la synagogue, la cour de la maison du rabbin Meïr Shulem (un petit-fils du “Saint Juif”), qui dispensait son enseignement au début du siècle.

Il y avait dans l'enceinte de la synagogue un verger avec des pommes et des poires. Les Hassidim aimaient s'allonger dans le verger avec leurs chapeaux et leurs capotes en velours sur l'herbe et entonner des chants Hassidiques.

Deux maisons en bois s'y trouvaient. La maison de la femme du rabbin et sa famille et une maison d'étude. Sur le devant de la cour, près de la rue de Varsovie, se trouvait le “shtibl des Alexander”. A la mort du rabbin Meïr Shulem, son fils, Reb Yehoshua devint le rabbin de Parysow, il avait l'habitude de descendre un mois par an à Kałuszyn pour séjourner dans la maison de son père z”l et pendant tout ce mois, les Hassidim de Parysow organisaient des banquets et étudiaient la Torah. Du fait de cette situation, le maître de la cour était Reb Itche Meïr Fourmanski, le fougueux Hassid de Parysow qui monta plus tard, dans ses dernières années en Israël et servit Dieu, la Torah et le travail comme ouvrier du bâtiment au pays.

Les jours de fête, on écoutait les mélodies de Reb Abraham Weinenmacher qui avait beaucoup de succès avec ses mélodies sur la femme au foyer. Reb Abrahamke chantait et tous les Hassidim allongés sur l'herbe du verger participaient avec enthousiasme.

Vers 1909, la vieille maison d'études de la cour de la synagogue fut démolie et on se servit des vieilles poutres métalliques et des piliers pour la nouvelle grande synagogue que l'on avait commencé à construire dans la cour de l'ancienne. On transporta de nombreuses charrettes chargées de pierres pour la fondation de la synagogue. La majorité de ceux qui s'occupaient de cette affaire étaient les conseillers municipaux Yankel Stein, Reuven Michalson, Itzhak Munk, et le rabbin Yehezkel Shtulman. Après avoir démoli la vieille maison d'études, on avait construit entre-temps, jusqu'à l'achèvement de la construction de la synagogue une petite maison d'études où le rabbin Yehezkel Shtulman enseignait chaque jour des textes de la Mishna pour le groupe.

 

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Reb Itche Meir Furmanski

 

Les réunions Hassidiques dans la cour de la synagogue étaient mémorables. Il y avait ici (comme je l'ai mentionné plus haut) le domaine des Parysower, auparavant celui de rabbi Meïr Shulem et plus tard, celui de son fils Reb Shoshele. Près de la synagogue se trouvait le 2ème lieu de réunion des rabbins et des Hassidim : chez Reb Shmouel Miodovnik, le riche négociant en bois. Il possédait un appartement honorable, aux pièces de larges dimensions et en plus, il avait fait construire devant sa maison une grande remise dans laquelle le rabbi de Skernievitz avait l'habitude de séjourner de même que celui d'Ostrovsk, le célèbre maître des jeûnes, Reb Yehiel Meïr. Ce saint homme, qui avait jeûné pendant de longues années et se contentait d'un verre de thé et d'un morceau de gâteau chaque soir, n'avait tout simplement pas la force d'accueillir et de recevoir la foule des Hassidims qui attendait son arrivée pour le saluer au passage. Non loin de la cour de la synagogue, vécut aussi un certain temps le rabbin de Kolibiel. Il me semble que c'était en 1908, dans la cour de David Rougé, bien avant qu'on y ait construit le moulin. A cette époque, j'étudiais auprès du fils du rabbin Elimelech. A l'endroit même où on agrandit ultérieurement le moulin fut se trouvait une grande remise, un lieu de prières pour les Hassidim de Kolibiel. La femme du rabbin aidait son mari. Elle était bonne envers les Hassidim nécessiteux et répartissait entre eux tous les vêtements du rabbin.

Un jour, on demanda au rabbin pour quelle raison il partait toujours un mouchoir à la main. Le rabbin répondit qu'il avait peur de rester sans mouchoir à cause de la sainteté de sa femme…

Le rabbin de Kolibiel vécut quelques années à Kałuszyn. Dès son départ, on fit abattre la maison et au même endroit, on construisit le grand moulin, le moulin de David Rougé. Ces 3 emplacements : la cour du moulin, la cour la synagogue et la cour de Shmuel Miodovnik faisaient tous partie du domaine Hassidique où on entendait les sons de la Torah et les prières dans tous les recoins.

La cour de l'école était le centre, mais les shtiblekh et les associations ne manquaient pas dans toute la ville et dans chaque rue et ruelle, on entendait la Torah et les prières. Il y avait les Hassidim du rabbin de Ger, d'Alexandre, de Skernievitz, Kasjenicz, Parysow, Anishinov, Radzyn, Ostkow, Minsk, Kotzk, Otwotsk, Sokolow, Kolibiel et Strykow.

Les Hassidim de tous ces cercles rabbiniques avaient coutume de se rendre chez le rabbin pour le Shabbat et les fêtes, portant en chemin tous leurs tracas et leurs soucis afin d'arriver chez le rabbin pour lui demander une bénédiction.

Le même phénomène se produisait à chaque fois qu'un autre rabbin descendait en ville et les foules attendaient avec joie et enthousiasme. Le rabbin Naftali de Kałuszyn également, un gendre de rabbi Zelig, le fils de rabbi Elhanan attirait de nombreux Juifs des villes et villages avoisinants. Ainsi, on pouvait assister à la venue des Hassidim de et vers Kałuszyn et les charretiers allaient et venaient et partageaient de cette façon l'enthousiasme des Hassidim….

Les associations se conduisaient d'une autre façon attachant plus d'importance aux préceptes relatifs à l'homme et son prochain. Elles étaient occupées également à étudier ensemble. On étudiait le Talmud, Ayn Jacob, la voie des justes, des textes de la Mishna, la vie de l'homme et le Midrash.

Dans l'association “visite aux malades”, Moshéle Einbinder, Wolvl Tokarsk, Guedalia Kaptsan et Reb Yankel Zisholtz s'occupaient des malades, et se procuraient des médicaments. Dans l'association, “Hakhnosses Kalé” “la congrégation de la fiancée”, les trésoriers Motl Basleger, Moshé Einbinder et Josué Lubliner aidaient à mener jusqu'au mariage les pauvres fiancées et à leur constituer une dot. L'association “Talmud Torah” s'occupait des étudiants pauvres qui ne pouvaient pas, les malheureux, payer les frais d'études. De même, la société de bienfaisance “Gmiles khsodim” s'occupaient des nécessiteux ; Les responsables étaient : Aharon Butsche Shreiber, Ezriel Eibeshitz, Acher Motl Aharonsohn et Yankel Goldwasser.

La confrèrie “Hakhnosses Orkhim” s'occupait d'accueillir les gens de passage dans la maison de Moshé Yovorski sous la direction de l'érudit Ephraïm Shliep. Comme je l'ai déjà mentionné, les confrèries portaient grande attention aux préceptes relatifs à l'homme et son prochain, mais le groupe étudiant la Mishna se consacrait en général à l'étude des commentaires de la Torah, bien que dans les préceptes le souci du prochain soit présent, en cas de maladie ou, que Dieu les en préserve, d'un malheur.

L'association des Mishnaiot nomma Yehezkel Shtoulman qui avait pris le siège du rabbinat de Kałuszyn en 1904. Le rabbin Yehezkel avait coutume de donner son cours de Mishnaiot dans la petite maison d'études, dans la nouvelle synagogue, près du puits, et à la mort du rabbin, le Reb Shmuel Kopel Hacohen Klingsberg (ayant succédé au siège du rabbinat après la disparition du Rav Shtulman) poursuivit l'étude des Mishnaiot.

*

L'esprit de la cour de la synagogue et de toutes les associations et des maisons d'études avait une forte influence sur la vie quotidienne juive. Chacun se considérait comme une pierre de l'édifice de la communauté - Un Juif était responsable de son prochain et cela se voyait particulièrement dans les moments difficiles. Lorsqu'une personne était très malade, on récitait des psaumes et les femmes se précipitaient à la synagogue pour se ruer sur l'armoire sainte, apportaient des confitures ainsi que des conseils et des remèdes, pour que la santé des malades se renforce et qu'ils guérissent complètement. Si par malheur, quelqu'un mourait, on ressentait le deuil dans la ville entière, Selon l'adage de nos sages : “Lorsqu'un membre du groupe meurt, tout le groupe est concerné”. On baissait les devantures dans toute la ville, on posait ciseaux et marteaux et on se rendait à l'enterrement. Malgré que tous soient préoccupés par les soucis de la vie quotidienne, on se sublimait dans la joie ou en partageant les peines de chacun. Cela laissait un fort sentiment chez chacun lorsqu'on voyait une foule de Juifs ensemble dans les joies comme dans les peines.

Comme elle fut grande, la responsabilité d'un Juif envers un autre en ce jour troublé de la fête de Shavouot quand il y eut un grand incendie dans la ville. Les Juifs avaient sauté dans les flammes pour sauver les biens juifs. Les Juifs révélaient une telle abnégation un jour de fête si malheureux !

Et combien d'énergie les Juifs ont déployé à l'heure de la joie. Qui ne se souvient du mariage de la fille de Naftali ? Reb Moshé Einbinder et Welvl Tokarsh avaient provoqué l'émoi en ville en se jetant sur un groupe de Hassidim. Autour des tables, les visages des rabbins dirigeants de Pologne et de Galice brillaient. Les cadeaux de mariage étaient resplendissants et la ville était inondée de lumière et de musique toute la semaine des sept bénédictions. Quand le fils de David Gelibter s'est marié à une femme d'une autre ville et s'est préparé à partir aux Etats Unis après le mariage, la ville a accompagné le marié de danses et de musiques tout le long du chemin jusqu'à la gare de Mrozi et jusque dans le train en lui souhaitant bonne chance ou en le bénissant pour son lointain voyage. Je n'oublierai jamais l'enterrement en grande pompe de Reb Yehezkel Shtulman. On allait devant le cercueil du rabbin, les livres ouverts à la page même où le rabbin avait terminé la leçon de Mishnaiot et rendu son dernier souffle. Les lamentations de la femme et de la fille du rabbin étaient déchirantes en raison de sa mort soudaine, je portais dans mes bras le petit orphelin Meïrou, Ce charmant bambin aux mèches de cheveux tressées. Alors tous les pleurs se fondaient en une seule plainte et les larmes du petit orphelin, je les sens encore sur mes mains….

La ville fut en émoi également à cause des enterrements, de la femme du rabbin Rakhele et de la première femme du rabbin Naftali. Jeunes et vieux étaient en deuil et les pleurs des femmes étaient déchirants.

Lors d'un grand enterrement, ce furent les enfants les plus endeuillés. A l'enterrement de Itzhak Leib Goldstein, tous les enfants du Talmud Torah avaient rappelé la grande générosité de leur bienfaiteur qui les avaient vêtus de neuf et les avaient chaussés et ils avaient tous suivi le cercueil avec le cœur lourd pour rendre hommage à ce Juif au cœur sur la main et en signe de remerciement pour ses bonnes actions. J'ai également gardé en mémoire une vision terrifiante. Cela s'est produit après la libération de la Pologne. On avait trouvé à l'époque derrière la ville un couple assassiné, on les avait portés jusqu'à la cour de la synagogue et des foules passaient devant leurs dépouilles et chacun récitait en pleurs le verset : “Nos mains n'ont pas versé de sang et nos yeux n'ont pas vu”. Ce fut un signe précurseur de ce allait arriver aux Juifs sur le sol polonais….

C'est ainsi que la ville se partageait entre joies et peines.

*

Il y avait des périodes ou la ville entière bouillait des discussions et les maisons d'études Hassidiques et toutes les associations étaient préoccupées par la même question:

Qui occuperait le siège du rabbinat ?

Après la mort de rabbi Meïr Shulem, on (en majorité des Hassidim de Ger), ne put se mettre d'accord pour que le fils de rabbi Meïr Shulem, Reb Yoshele devienne le rabbin de Kałuszyn, et il y eut de l'agitation jusqu'à ce qu'il parte et devienne le rabbin de Parysow, et c'est le rabbin Reb Yehezkel Shtulman qui emporta le siège du rabbinat. A la mort du rabbin Shtulman, les Hassidim de Ger voulurent que Reb Yehiel Meïr, le gendre de rav Shtulman (de sainte mémoire) succède au rabbinat.

Reb Yehiel Meïr était un Hassid de Ger et les gens de Ger le voulaient et n'acceptaient pas comme candidat au rabbinat, l'ancien juge rabbinique de Kałuszyn, Shmuel Kopel Hacohen Klingsberg qui était à l 'époque rabbin à Modshitz (Ivangrad).

Lorsque le Rav Kopel descendit en ville prononcer un sermon, et se présenter comme candidat à la succession du rabbin de Kałuszyn, on vint perturber le sermon et la dispute se prolongea jusqu'à ce que le rabbin d'Ostrov ne se mêle plus, ait fait la paix entre les partis et que tous soient d'accord que le siège du rabbinat serait attribué au rabbin Shmouel Kopel Hacohen. Bien plus tard, on vit surgir de telles disputes entre les partis, avec d'autres rabbins et pendant d'autres sermons….

*

La petite bourgade de Kałuszyn a géré ses affaires de cette manière presque jusqu'à la première guerre mondiale, selon la vieille expression : “avec prières et piété” et toute la ville vivait de Torah et de labeur. Ce n'est que quelques années avant la première guerre mondiale que le visage de la bourgade changea. Auparavant, on ne connaissait que les deux palanches et les deux seaux de Reb Zalman Wassertreger et de Reb Shlomo Wassertreger qui trimbalaient, les pauvres, de l'eau sur de longues distances, de la rivière et du puits de l'école .A présent, on s'approvisionnait en eau dans des tonneaux montés sur des charrettes tirées par des chevaux .Le cocher fouettait le cheval tout en criant: “Eau de la rivière”. Signe de nouveaux temps, on découvrit de l'eau en plein milieu du marché, on agrandit le puits et y installa deux grandes roues. Plus tard encore, il y eut une nouveauté : Une pompe qu'on agitait de haut en bas à l'aide d'une poignée métallique afin que l'eau jaillisse….

 

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A la pompe

 

Les rues et ruelles avaient également changé et c'en fut fini des mares. On pava le marché et en 1915, on pava le premier long trottoir en partant du commerce de Yankl Shtein jusqu'à celui de Shulem Zabielski et ce devint un lieu de promenade pour la jeunesse …

On installa également un nouvel éclairage dans la ville. La première lampe à gaz fut allumée devant la maison du pharmacien chrétien. Zalman Wassermacher abaissait et remontait la lampe tous les jours avec une chaîne, l'allumait, tandis que les enfants criaient émerveillés comme lors de l'allumage des lumières de Hanoukka : “Il allume, il arrive! , Il allume” et tous, même les adultes, regardaient avec étonnement. Dans les maisons d'études également, on ne se contentait plus de petites lampes et les nouvelles lampes réjouissaient jeunes et vieux.

Dans la cour de la synagogue, on construisait encore plus haut et encore plus large la nouvelle synagogue. L'architecte était un Juif Hassidique Reb Moshé Dvorak Ketches et les ouvriers, entre la pose de deux tuiles, priaient et étudiaient ensemble avec leur maître Hassid. En ville, les ateliers et usines se multipliaient.

David Rougé avait élargi le grand moulin dans sa cour et Yehezkel Handel avait construit une usine de peignes et les tanneries, les ateliers de fourrures et toutes les autres petites et grandes usines travaillaient et nourrissaient les Juifs honorablement. Au fur et à mesure (pendant les années de guerre déjà) le village s'était mis à vivre à l'ère de l'électricité et avait pris un autre visage…. La jeunesse était devenue plus moderne. Malgré les partis, des syndicats et des luttes, la bourgade avait préservé son caractère d'antan, de Torah, de Hassidout de piété, et de prières. On continuait à étudier dans les maisons d'études, on apprenait et les mélodies Hassidiques étaient suspendues dans l'air du village comme auparavant, auparavant …

*

Ou sont-ils ces mêmes Juifs, Hassidim et les artisans ?

Où sont tous les jeunes mariés et ces jeunes fiancées.

Tous les enfants et étudiants de Yeshiva ? Les disciples et examinateurs ? Les fidèles et les chantres ? Les rabbins et femmes de rabbins ?

Les juges, bedeaux et musiciens ? Existe t 'il encore le moindre vestige de la cour de la synagogue et une pierre tombale dans les deux anciens cimetières ? Tant de prières ont été dites pour la terre d'Israël. Tant de fois nous nous sommes souhaités. “L'an prochain à Jérusalem” Et si peu de personnes ont pu réaliser la Mitzva, le précepte de vivre en terre d'Israël. Que l'immortalité soit accordée à leurs âmes! Que l'on se rappelle ce que nous avions et ce que nous n'avons plus.

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